Quatre jours après l’officialisation du titre de champion de DH, le capitaine ébroïcien Balla Fall livre ses impressions sur la saison qui vient de s’écouler et celle à venir.


Quatre ans après l’avoir quitté, Évreux a gagné le droit de retrouver le championnat de CFA 2. Une division où il n’avait pu s’installer à la fin de la dernière décennie, miné par des soucis financiers qui ont finalement mis un terme à l’ambitieux projet porté par Mathieu Bodmer. Cette époque-là, Balla Fall l’a connue. Capitaine d’alors, le solide défenseur central a retrouvé le brassard cette année et mené ses troupes tout au long d’une saison qui restera dans les mémoires tant elle s’est avérée indécise. «D’ordinaire, au printemps, on sait déjà qui va monter au terme du championnat,explique l’Ébroïcien de 30 ans. Là, on a livré un terrible combat avec Pacy et le FC Rouen et si on est un beau champion, c’est aussi grâce à ça. » En effet, l’adversité était telle que jamais l’EFC n’a pu se reposer sur ses lauriers. Leaders depuis la 6e journée, les Eurois ont enchaîné huit victoires de rang (série en cours) dans la dernière ligne droite pour pouvoir décourager une concurrence qui n’a craqué que lors de la dernière quinzaine. « On a réussi à tenir psychologiquement parce que ce groupe vit ensemble depuis plusieurs années, on a progressé les uns grâce aux autres, souligne Fall. Je tiens aussi à tirer un grand coup de chapeau à Sylvain Lambert (adjoint de Dramane Dillain) qui a fait beaucoup de séances cette saison. Il a toujours su nous mobiliser, nous permettre de garder ce rythme-là. »

Si Dillain et Lambert ont su tirer le meilleur de l’effectif mis à leur disposition, ils ont aussi pu compter sur de bons relais sur le terrain. « Avec Jérôme (Larçonnier) et Abdeltif (Akdim) entre autres, on a essayé de partager notre expérience avec les plus jeunes, confie ainsi le capitaine ébroïcien. On a déjà connu des montées, on a expliqué ce qu’il fallait faire aux nouveaux et ils ont très bien réagi. On peut être fiers d’eux. »

« UNE BANDE DE POTES »

Des jeunes pousses qui ont été de véritables artisans de la montée à l’image de Maxime Oulaitoh (7 buts) ou d’Ibrahim Boucetta, l’une des révélations de la saison au poste d’arrière droit. « Lui, pour son âge (20 ans), il est impressionnant, souffle Balla Fall. Il a une grosse exigence et a fait preuve d’importantes qualités mentales pour résister à la pression. »

Mais si Évreux a dominé le championnat, c’est aussi grâce à son secteur offensif. Meilleure attaque de DH (50 buts), Oulaitoh et ses coéquipiers n’ont eu de cesse de pilonner les cages adverses. C’est ainsi que Johnson Neto Mateus a claqué, selon Fall, «sa dizaine de buts annuelle » (10 exactement) ou qu’Eltons Bokestu a brillé sur la phase retour. Revenu sur les bords de l’Iton en février dernier, l’ancien pensionnaire du centre de formation du HAC a enchaîné les buts (8 en championnat depuis fin février).« Il a clairement les qualités pour jouer au-dessus, avoue son capitaine. C’est tout le mal que je lui souhaite. Il était venu ici pour rebondir, il a montré tout son talent. »

Enfin, comment conclure ce tour d’horizon sans évoquer le travailleur de l’ombre qu’est Bayal M’Bodji, infatigable milieu de terrain. « Il avait arrêté le foot pendant un moment, explique Fall, et c’est l’an passé qu’il a accepté de revenir nous donner un coup de main. C’est le soldat sur qui on peut compter, il joue toujours dans le sens de l’équipe, sans rechigner, sans se plaindre. Il nous fait beaucoup de bien. »

Toute cette troupe évoluera l’an prochain en CFA 2. Avec des moyens limités, bien que le budget devrait quelque peu gonfler, le but sera d’assurer le maintien le plus rapidement possible, à l’image de ce qu’a réalisé Gonfreville cette saison (5e). « Le CFA 2 est un championnat relevé, affirme le défenseur eurois. Il faudra qu’on prenne des points en début de saison, en essayant de surfer sur notre dynamique actuelle. Je pense qu’on a l’effectif pour s’en sortir, peut-être en y ajoutant deux joueurs d’expérience. » Un effectif dont « 95 % » devraient demeurer à Évreux selon Balla Falla. « Tout le monde est motivé, poursuit-il. Ici, il n’y a pas de prime, pas de fixe, on joue pour le plaisir entre copains. »


Quelques records en vue...

Il reste deux journées aux hommes de Dramane Dillain pour battre ou égaler trois records prestigieux de l’histoire de la Division d’Honneur haut-normande.

Record de points (89) depuis l’instauration de la victoire à quatre points (en 1995-1996), c’est le CMS Oissel de Patrice Heaulmé qui détient ce record, obtenu lors de son titre en 2003. Avec un nul et une victoire, Évreux, fort de 83 unités actuellement, égalerait ce total ; deux succès et il le battrait.

Record de victoires (20) elles sont deux formations depuis le passage à quatorze clubs en 1982-1983 à avoir cumulé vingt succès en vingt-six journées : Oissel, toujours en 2003, et la « B » de l’US Quevilly en 2013. Aujourd’hui, l’EFC en compte 18 et peut donc égaler ce record.

Plus petit nombre de défaites (1) : cette saison, pour le moment, seul Pacy a su faire chuter Évreux (1-2, 5e j.). D’autres formations ont réussi à tenir toute une saison en restant quasiment invincible : il s’agit de Pacy (1994), du FC Dieppe (1996) et de... l’Évreux AC (1985). À noter que la réserve du FCR, en 2010, était restée invaincue, mais n’avait disputé que 24 matches à cause du forfait de Caucriauville.

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